dimanche 22 avril 2018

Mais où il va mon caca ? : tous les mystères des toilettes enfin dévoilés, par la librairie La Boîte à Histoires


Mais dites-moi, ça fait une petite éternité qu’on n’a pas parlé de caca sur ce blog, non ? Oui, bien trop longtemps. Alors qu’on a tellement besoin de poésie en ce moment. Allez zou, tous en selle(s) ! Et que le voyage commence !

Elle est rentrée à la librairie avec sa petite fille de 4-5 ans pour lui chercher un livre, un album sympa et joyeux parce qu’en ce moment, me dit-elle, sa petite est un peu tristounette, rechigne à aller à l’école, pleurniche un peu tout le temps et ne veut pas trop aller se coucher.

Je lui montre donc des albums qui me paraissent chouettes: des marrants, des tendres, des poétiques, des sans texte, des livres animés, des livres en noir et blanc ou plein de couleurs pop.

Je raconte des bouts d’histoire en y mettant tout mon cœur, j’imite le gros ours bougon, le crocodile affamé, le caneton neurasthénique… et je vois vite que je ne soulève pas la vague d’enthousiasme habituelle qui accompagne généralement mes conseils éclairés.

Il est vrai que très souvent je déclenche une ola spontanée en librairie, parfois même les gens pleurent d’émotion, ou veulent à tout prix me toucher le visage. Ici, rien. La maman fait la moue et la petite ne daigne pas jeter un seul regard sur mes livres, la tête fourrée dans le manteau de sa mère.

Quelle humiliation ! Et devant ma collègue Gigi en plus ! Je ne vais pas en rester là. Galvanisée par l’adversité, je décide de relever ce défi en poussant plus avant mes investigations : quelle est donc l’origine de cette mauvaise humeur, une contrariété à l’école ? Un souci à la maison peut-être ?

Rassurée par ma sollicitude, la maman ne se fait pas prier pour passer aux aveux: c’est à cause d’une gastro, me confia-t-elle avec des airs de conspiratrice. Une gastro familiale. «On a été malades comme des chiens, je vous raconte pas…» (merci !). «Bon, maintenant ça va mieux mais depuis cet épisode ma petite refuse de faire caca. En tous cas c’est la croix et la bannière. Elle a peur que ça… bref vous voyez quoi. Du coup on se dispute tout le temps ! Et plus on s’énerve plus ça la stresse, et plus ça la stresse moins elle arrive à faire caca. Un vrai cercle vicieux. Alors je me suis dit qu’un livre, peut-être… Enfin bon, je ne sais pas trop pourquoi je vous raconte tout ça !» conclut-elle avec un petit rire nerveux.

Ainsi va la vie du libraire, oscillant entre le déménageur, le gestionnaire, le prescripteur et le thérapeute familial.

Tandis que je rassurais tant bien que mal ma cliente, échangeant avec elle quelques considérations gastriques, je l’éloignais alors discrètement des vertes contrées de la fiction, pour l’entrainer vers les âpres versants du documentaire. Une petite voix me chuchotait qu’il fallait frapper fort et arrêter de tourner autour du pot (oui, bon…): au diable le rêve et l’imaginaire ! Il était temps de rentrer dans le vif du sujet et de regarder enfin le problème en face.

Je le dis sans forfanterie, mais lorsque j’ai dégainé mon bouquin sur la caca, j’ai vu le visage de la petite s’illuminer. Toutes ses interrogations se trouvaient miraculeusement résolues dans ce précieux Graal: à quoi ça sert de faire caca ? Que se passe-t-il une fois qu’on a tiré la chasse d’eau ? Comment reconnaît-on un caca en bonne santé et pourquoi a-t-on parfois des gargouillis ?

Une épiphanie pour ainsi dire. Tout semblait la mettre en joie ! Sans compter les anecdotes croustillantes (25 prouts par jour en moyenne par personne) et les dizaines de petits volets à soulever comme elle soulèverait désormais avec légèreté la lunette de ses toilettes, songeant, une fois à l’œuvre, à cette libraire qui avait si bien su la comprendre…. Quelle émotion !

Oui, c’est aussi ça la vie de libraire jeunesse: trouver un documentaire cartonné, ludique et instructif pour résoudre les petits et grands soucis du quotidien. La maman m’a vivement remercié et la petite fille m’a fait un grand sourire en tenant bien fort son livre contre elle.

Je ne suis pas certaine d’avoir permis une vraie rencontre avec la littérature, mais qu’importe, je suis à peu près sûre d’avoir réglé un vrai problème de constipation.

Stéréotypes : Gilles Abier s’aventure dans le roman d’anticipation, et la librairie Comptines aime !



Dans un monde post-apocalyptique, la société est organisée autour d’un texte fondateur : la Synthèse. En vertu de celui-ci, chaque individu est testé, à la naissance, pour savoir auquel des neuf « Types » il appartient (1, Perfectionniste -  2, Altruiste - 3, Activiste …). Le numéro correspondant à son Type lui est ensuite tatoué au poignet. Chacun est alors censé vivre selon sa personnalité pour l’harmonie collective et le bonheur individuel.

Mais avoir accès à cette connaissance qui permet de distinguer les individus ouvre la porte à une hiérarchisation entre les différents Types, favorisée par des règles qui, au fil du temps, sont venues compléter la Synthèse initiale, comme celle interdisant les relations amoureuses inter-Types et celle qui prévoit que les enfants de Type différent de celui de leur parents ne seront pas élevés par eux mais confiés à des écoles spécialisées.
Certains, parmi les membres du Comité de Salubrité, l’instance dirigeante, ont même l’intention d’aller plus loin encore…

Heureusement, à l’extérieur des villes, cachés, des femmes et des hommes refusent de renoncer à leur libre arbitre et veulent conserver la liberté d’être ce qu’ils veulent - et éventuellement de changer - et non ce qu’un test déciderait pour eux. Leur résistance et leur révolte trouvent des échos au sein même des élites de la capitale …

Aux antipodes de ses récits réalistes, Gilles Abier s’aventure pour la première fois dans un genre littéraire très en vogue, celui du roman d’anticipation. Et c’est un pari réussi !

On retrouve dans ce gros roman tout son talent à camper des personnages hauts en couleurs et son goût pour les embrouilles familiales. Mais, ici, l’aventure est au détour de chaque page. Débutant par une incroyable scène d’accouchement en pleine nature, Gilles Abier nous introduit, tel un nouveau né, dans un univers riche et complexe, formidablement bien construit. Et si, comme le veut la loi du genre, les questions qui émergent à la lecture de ce roman sont éminemment contemporaines (la place des stéréotypes  - bien sûr -, l’eugénisme, la maîtrise des données personnelles, le racisme, l’organisation sociale et politique…), c’est sans jamais entraver le récit palpitant des multiples aventures des personnages auxquels Gilles Abier nous attache avec grand talent.

Ariane Tapinos, Librairie Comptines à Bordeaux



Stéréotypes


Des voix dont l’énergie et la volonté triomphent des frontières - par la librairie La Courte Échelle


Ce matin, en écoutant la radio, nous avons pensé à Bassima et à Traverser l'autoroute. Deux livres publiés il y a quelques mois, faisant écho au journal de 8 heures. Les mêmes verbes : partir, quitter, fuir, survivre, traverser, se battre, survivre, s'entraider, faire la guerre, accueillir... Mais un mot n'y était pas. Un mot que ces deux livres proposent. L'espoir...

Bassima
Sculptures : Alain Burban
Photographies : Paskal Martin
Textes : Agnès Pansart
éd.Ateliers Art Terre

«Bassima Polipro, elle a 8 ans. Et dans sa langue, son prénom veut dire "sourire". Mais ce qu'elle vit là, ça ne fait pas sourire du tout... Dans son pays, c'est la guerre !»

Bassima est un oiseau. Elle et sa famille doivent fuir leur pays. La traversée vers un nouveau pays est longue. Mais le voyage contient la promesse d'une vie paisible et donne du courage. Cependant, au pays de l'arbre en or, la famille Polipro n'est pas la bienvenue. Le roi n'est pas prêt à partager les richesses. «Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde !». D'autres familles arrivent d'ailleurs, désemparées, ne sachant où aller... Pourquoi ne pas monter dans le vaisseau lanterne de Monsieur Lampion ? Ils embarquent, atterrissent sur un arbre nu où tout est à inventer... Les Oukoumi, les Kilitou, les Tricoti, les Polipro, ensemble, solidaires, construisent une maison qu'ils appellent Yallah. Yallah, en avant !

Cet album a été conçu et fabriqué dans la grande tradition des Ateliers Art Terre. Tous les décors et personnages ont été créés par Alain Burban à partir de matériaux de récupération. Les vidéos du making off donnent toute la mesure de l'ingéniosité et du savoir-faire du sculpteur/auteur et plairont beaucoup aux enfants ! Ils sont ensuite photographiés par son complice Paskal Martin. Chaque image est finalement composée et sténographiée autour du texte d'Agnès Pansart.

Bassima est une histoire gorgée d'humanité. La métaphore des oiseaux évoque les questions de migration et d'hospitalité avec simplicité et poésie. La guerre, le repli sur soi, la peur de l'autre... Mais aussi, surtout, par-dessus tout, la solidarité, le partage, la fraternité.


Traverser l'autoroute
Maxime Fluery
Cheyne éditeur

«Je le vois, je le vois pas, je le vois, je le vois pas... De l'autre côté, mon père a l'air fatigué. Je le vois, je le vois pas, je le vois, je le vois pas... C'est pas comme si je pouvais vraiment distinguer son visage, mais je sais pas... peut-être l'allure générale, ses épaules qui paraissent plus basses.»

Un enfant dans un campement. Une autoroute. Et de l'autre côté, son père. Comment l'enfant pourrait-il le rejoindre ? Comment traverser l'autoroute ? Le flot des voitures ne s'interrompt jamais. Il faut se contenter de regards, de gestes interrompus par le trafic. Des tentatives échouent... Et puis un jour, la neige...

«Traverser l’autoroute, nous dit Cheyne Editeur, résonne particulièrement avec la situation des exclus, des déracinés et des migrants d’aujourd’hui comme d’hier. Mais cette courte fable n’est pas une énième complainte sur l’exil ou le déracinement. Au contraire, elle fait entendre une voix dont l’énergie et la volonté triomphent des frontières.»

Pendant l'été 2017, à l'occasion du Festival Lectures sous l'arbre, la fable de Maxime Fleury a été lue par Denis Lavant. Ponctuée par les interventions d'Edwy Plenel, cette lecture a succédé à celle de Matin Brun, révélant ainsi une complicité entre les deux livres. Le désir d'être des livres citoyens. 

Du 23 au 28 avril, je passe à la librairie Le Rat Conteur, et j'offre un livre !


À l'occasion de la Journée mondiale du livre, l’Association des Éditeurs Belges (ADEB), la Foire du livre de Bruxelles et le Centre de littérature de jeunesse de Bruxelles lancent l'opération J’offre un livre à un enfant! Une action qui entend promouvoir la lecture et combler les lacunes que peuvent avoir les plus jeunes face au texte.

Nous vous proposons de vous joindre à cette action en offrant un livre aux bibliothèques de rue de ATD Quart Monde! Concrètement, du 23 au 28 avril, venez déposer à la librairie un titre qui s'ennuie dans votre bibliothèque et qui ravira ces jeunes lecteurs. Également, si vous souhaitez offrir à ces bibliothèques un livre neuf, nous serons ravies de vous apporter nos conseils.


Mais qui sont les bibliothèques de rue de ATD Quart Monde? (présentation réalisée par l'équipe ATD Quart Monde)



Une bibliothèque de rue ? Initiées par le Mouvement ATD Quart Monde en région parisienne en 1968, les bibliothèques de rue visent à combattre l’exclusion en favorisant l’accès à la lecture et la rencontre entre personnes d’origines sociales différentes.

Et les objectifs, c’est quoi ? D’abord, faire du livre un objet de découverte, d’émerveillement, d’ouverture, pour des enfants pour qui le livre est généralement associé à l’école, où ils sont souvent en échec... mais le livre est surtout un prétexte, pour apprendre à connaitre un quartier, nouer des liens avec les habitants, enfants et parents, et particulièrement les familles vivant dans l’exclusion.

Comment ? Une bibliothèque de rue est un projet sur le long-terme : l'équipe se rend ainsi chaque semaine le même jour, dans le même quartier, quelque soit le temps. Elle prend le temps de faire le tour des familles qu'elle connait, pour inviter les enfants, prendre des nouvelles. Puis, adultes et enfants installent bâche, couvertures et livres au sol, dans un endroit qui sera visible des parents : un square, un jardin, un trottoir... Car pour rester visible des parents, et accessible à tous, la bibliothèque de rue a lieu à l’extérieur.
Deux autres aspects importants, qui permettent sur le long-terme d'aller vers ceux qui ont le plus difficile, sont d'une part la régularité de l'équipe, et la qualité des livres - à la bibliothèque de rue, pas de livres abimés ou déchirés.
Quant aux enfants et aux familles, pour bien les accueillir, quelques règles essentielles : tout enfant est le bienvenu ; l’espace des livres est un espace où on se respecte ; et chacun est libre d'aller et de venir.

Actuellement... Cinq équipes mènent actuellement des bibliothèques de rues : à Molenbeek, St Gilles, Schaerbeek, Jumet (Charleroi), et Ougrée (Liège). Elles ont lieu les mercredis après-midi (sauf celle de Schaerbeek, qui est le samedi matin).

Si vous êtes intéressé-e de rejoindre une de ces équipes, ou souhaitez simplement en savoir plus, n’hésitez pas à écrire un mot à Magali à : jeunesse.tapori@quartmonde.be

Une sélection de jeux de société pour toute la famille, par la Librairie Panier de Livres à Caluire-et-Cuire

Qu'il est agréable de se réunir à deux ou trois générations autour d'un jeu !
Tous les jeux de cette sélection ont en commun des règles simples et des pièces d'une grande qualité esthétique : 


Rok, un jeu de rapidité avec des pierres runes élégantes et douces

Chromino, un jeu de domino où l'on crée d'envoutants motifs
Qwirkle, et ses pièces en bois, le plus accessibles aux très jeunes

et enfin, notre dernier coup de coeur, Azul : des mosaïques élégantes pour un jeu de stratégie passionnant.