lundi 26 septembre 2016

De grandes jambes à mettre entre toutes les mains (une interview vidéo de Sophie Adriansen)

Marion, collégienne en pleine croissance, a un problème de taille. Avec ses grandes jambes, trouver un jean assez long pour couvrir chevilles et chaussettes devient un véritable parcours du combattant. Jusqu'au jour où elle tombe sur «le» jean surnommé Jim. Avec lui, plus rien ne peut l'arrêter et peut-être même qu'elle osera enfin parler à Grégorie, le garçon pour qui son cœur bat secrètement. Il faudra attendre un voyage scolaire à Amsterdam, une visite bouleversante de la maison d'Anne Franck, et un moment rempli d'émotion devant La Ronde de Nuit de Rembrandt, pour voir Marion s'épanouir et trouver sa voie… À l'âge des complexes, des premiers émois amoureux, être différente se révèle difficile. Sophie Andriansen retranscrit avec justesse dans ce roman les émotions contradictoires de l'adolescence... tout en nous transportant dans les divers lieux visités par ses personnages! Les grandes jambes: un livre empreint d'optimisme, passionnant et instructif, qui parlera à tous les adolescents. À mettre dans leurs mains... et dans celles des adultes qui veulent les comprendre! - Librairie Au Pied de la Lettre

Les grandes jambes - Auteure: Sophie Adriansen - Éditions Slalom - 10,90€

(Cliquez sur la photo ci-dessous pour découvrir l'interview vidéo)

Le dernier album de Claire Franek qu’il nous sera donné de lire



Quel enfant n’a jamais joué à faire semblant? À faire semblant d’être grand, semblant d’être un autre... Mais si, allez! On dit que c’est pour de vrai!...

Ils sont quelques enfants et ils ont décidé de répéter le spectacle. Un spectacle qui n’existe pas encore, pas vraiment, car il va s’écrire au gré de leurs envies et de leurs contradictions.

Ils ne le savent pas mais ils se livrent tout naturellement à l’exercice de l’improvisation théâtrale. Et l’histoire qu’ils vont nous raconter, c’est la leur, c’est la nôtre.

Pas un adulte à l’horizon pour les guider dans leur cheminement scénaristique et qu’importe, ils singent à merveille ces grandes personnes qu’ils ont bien étudiées. Ils vont s’aimer comme chiens et chats (ou licorne?), faire des enfants en coussin sous la robe, se chamailler carrément pour de vrai et puis finalement tout recommencer car il ne faut pas l’oublier, c’est un spectacle. Il faut répéter!

C’est avec émotion que l’on ouvre cet album car, nous le savons, nous avons entre les mains le dernier album de Claire Franek qu’il nous sera donné de lire. L’énergie qui se dégage de cet album, ce grand chambard joyeux nous rappelle à quel point l’œuvre de Claire est lumineuse. À quel point elle savait transcender, par le rire et le jeu, nos petites réalités pour en faire de grandes histoires.

Librairie L'Autre Rive à Nancy

Lire ici l'hommage de Annie Agopian, Régis Lejonc
et ici l'hommage de Simon Roguet, librairie M'Lire à Laval

Pop Rageot ! - par Murielle Couëslan

Quel type de projet a-t-on en tête quand on devient directrice de la maison d’édition créée en 1941 par Tatiana et Georges Rageot? Celui de Murielle Couëslan, qui succède  à Caroline Wetsberg, a les couleurs de trois mots: populaire, optimiste et pétillant!

«Arrivée chez Rageot juste avant l’été, j’ai été frappée d’emblée par la qualité des textes et leur accessibilité. À notre catalogue figurent de très grands auteurs, dont 90% sont des auteurs français fidèles à notre maison. Rageot les a souvent découverts, a publié leurs tout premiers romans et suit leurs projets dans le temps. Sur un marché ultra-concurrentiel où les achats constituent une grande partie de l’offre (en particulier pour les romans destinés aux adolescents), ce lien privilégié avec les auteurs, cet accompagnement de leur création sont les dimensions essentielles de mon métier qui me tiennent à cœur, c’est pour moi la seule façon de permettre à nos ouvrages d’être présents: un travail dans la durée, main dans la main avec les auteurs et les libraires. Nous accompagnons ainsi nos auteurs historiques comme Christian Grenier, Michel Honaker… Nos auteurs confirmés comme Sylvaine Jaoui, Agnès Laroche, Sophie Rigal-Goulard, Alain Surget, Ségolène Valente ou de nouvelles voix comme Samantha Bailly, Charlotte Bousquet, Manon Fargetton, Olivier Gay ou Jean-Christophe Tixier.
Je souhaite aujourd’hui toucher de nouveaux lecteurs et des libraires qui ne connaissent pas toujours notre marque ni même les ouvrages bestseller de Pierre Bottero, vendus à plus de deux millions d’exemplaires. Et, avant tout, trouver un nouveau positionnement graphique à la hauteur des textes que nous publions. C’est ainsi que nous avons lancé la collection POP en janvier, avec des textes d’Agnès Laroche et JM Erre: Populaire, Optimiste, Pétillant… comme Rageot! Et c’est dans cette optique que nous avons envisagé la refonte de notre collection Heure Noire qui paraît au mois d’avril. Heure Noire est une pépite au cœur de notre catalogue: quatre-vingts titres de fonds, plus d’un million d’exemplaires vendus, des auteurs renommés et des titres appréciés par les prescripteurs comme L’Ordinatueur, Un printemps vert panique, La Sorcière de midi
Le genre policier représente une vraie incitation à la lecture! Cela, les prescripteurs le savent bien. Et Christian Grenier, auteur emblématique de la collection, nous explique pourquoi: «Le lecteur accompagne l’enquête. Comme dans un jeu, il rassemble les pièces, les indices et reconstitue le puzzle. Il fait lui-même ses déductions, emprunte parfois de fausses pistes, suit les rebondissements. Tout cela crée du suspens, qui tire le lecteur dans sa lecture. C’est aussi une course entre le lecteur et l’enquêteur: qui trouvera la solution le premier?». Cette lecture-enquête peut commencer assez jeune, avec des premiers textes à lire en autonomie, c’est pourquoi nous avons décidé de créer une nouvelle tranche d’âge (à partir de huit ans) dans la collection. On y trouvera des textes avec une pagination courte et des séries mettant en scène des personnages attachants, écrits par nos meilleures plumes. Nous publions ainsi le premier tome d’une série Enquête avec Léa de Christophe Miraucourt où le lecteur se joint à l’enquête de l’héroïne grâce à des indices et des jeux de déduction à la fin de chaque chapitre qui créent des ruptures de rythme. Et nous lançons deux titres de la série Mortimer mort de peur écrits par Agnès Laroche, jouant plus sur l’aspect frisson, qui plaît énormément aux enfants. Nous allons publier une trentaine de titres en 2016 en trois vagues (avril, juin et septembre), avec plusieurs nouveautés dans les segments 8+ et 10+. Et une surprise de taille, Christian Grenier reviendra avec une nouvelle série pour les plus jeunes!»
Murielle Couëslan, directrice de Rageot éditeur

Rémi Farnos, de l’ordinaire au mythe



Le premier livre de Rémi Farnos, Thomas & Manon, était… une boîte. Elle contient deux cents cartes pour autant de cases d’une bande dessinée dont la reconstitution est proposée à la sagacité du lecteur. Alcibiade (voir ci-dessous) est le deuxième ouvrage de ce jeune auteur illustrateur qui a obtenu son Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique en 2013, à l'EESI d'Angoulême. Interview par Cécile Panou, Librairie Sorcière Tire-Lire à Toulouse


CÉCILE PANOU: Dans votre BD Alcibiade, un jeune garçon, qui souhaite connaître son destin, part pour un long et périlleux voyage de l’autre côté du monde. C’est la figure mythologique d’Alcibiade qui vous a inspiré cette quête?
RÉMI FARNOS: Vous faites référence à cet illustre personnage historique, général et homme d'État grec? En réalité, je n’ai fait qu’emprunter son nom… Mais peut-être m’a-t-il inconsciemment inspiré au-delà? En tout cas, il me paraissait intéressant de situer l’histoire dans un cadre rappelant les mythes antiques, où le personnage d’Alcibiade poursuivrait obstinément son but sans se rendre compte de l’impact de ses exploits sur son monde. J’aimais bien l’idée de montrer le passage de l’ordinaire au mythe, notamment le décalage entre ce qui se passe réellement et l’interprétation.
La mise en page des planches est particulièrement originale, esthétique et maligne. Je pense par exemple aux pages où un seul décor est découpé en seize vignettes. Les personnages y évoluent en passant d’une vignette à l’autre. D’où vous est venue cette idée et pour quel effet sur le lecteur?
  Le gaufrier change au cours du livre: de vingt vignettes on passe à douze puis à six. Chaque étape déterminante d’Alcibiade (enfant, adulte et vieillard) est vue dans un prisme temporel de plus en plus serré, où le temps passe de plus en plus vite. Il s’agit donc de faire éprouver cette temporalité au lecteur, dans un rythme de lecture lié au rythme de la vie du personnage qui défile. Quant au principe de chemins narratifs dans des grands décors fragmentés en cases que les personnages arpentent et où parfois ils s’égarent, c’est la suite des travaux de recherche que j’ai commencé il y a quelques années, notamment pour le livre Thomas & Manon, avec Alex Chauvel aux éditions Polystyrène; il proposait aussi une lecture atypique. Pour Alcibiade, la contrainte narrative présuppose que les personnages sont toujours en mouvement. Et je voulais proposer quelque chose qui se situe entre l’animation et la bande dessinée, où le fond et la forme sont connectés.
Pensez-vous à vos lecteurs lorsque vous travaillez?
  Je suis navré de l’avouer, mais très peu en réalité. Je fais confiance aux éditeurs si, par exemple, je m’égare par rapport au public ciblé, et j’accepte de retravailler certains détails. Mais au moment où je suis seul face à ma planche, je cherche uniquement à faire vivre l’histoire et ses personnages. Je travaille essentiellement en improvisant, ce qui m’oblige à me focaliser uniquement sur ce que je fais, plutôt que pour qui je le fais.
Quels artistes vous inspirent? Trondheim?
  Évidemment! Les auteurs et fondateurs de l’Association ont été très importants dans ma découverte de la bande dessinée. Il y a aussi Christophe Blain ou Manu Larcenet. De façon plus contemporaine, le travail de Jens Harder me fascine.

En BD ce sont quasiment toujours un scénariste et un illustrateur qui travaillent ensemble. Vous préférez rester en solo?
  J’ai fait mon premier livre avec un scénariste. C’est très agréable de travailler avec quelqu’un, ça oblige à se poser d’autres questions sur ce qu’on fait! Pour le coup, je n’ai vraiment pas de préférence…

Propos recueillis par Cécile Panou, Librairie Tire-Lire à Toulouse



Alcibiade - Auteur: 
Remi Farnos - Éditions La Joie de Lire - 10€
Alcibiade se rend à l’Est pour trouver le Grand Sage. Il espère que celui-ci pourra lui révéler, sinon le sens de la vie, au moins quelques indications sur sa destinée. Voilà le début d’une grande aventure pour Alcibiade! Son chemin croisera celui de toute une galerie de personnages qui ne lui voudront pas forcément du bien, mais dont certains deviendront de vrais amis. Le voyage durera quelques années, le temps pour Alcibiade d’accomplir sa quête initiatique, de grandir, et de devenir une vraie légende. Un héros modeste comme on les aime. Le rythme du récit, la qualité du texte et de l’illustration font d’Alcibiade une vraie réussite. Rémi Farnos joue avec les codes de la bande dessinée et nous surprend, il faut parfois perdre ses habitudes de lecture pour ne pas perdre le fil de l’histoire, prendre du recul pour n’oublier aucun détail. 
En plus, c’est drôle. - Librairie La Passerelle

Si c'est tout rond c'est benjamins media !


Les histoires à écouter, c’est toujours bien pour éveiller les bébés. Encore faut-il trouver de jolis textes, joliment lus et joliment mis en images. Pour ça vous pouvez compter sur les éditions Benjamin Media et leur petite collection Taille S, qui propose des lives-Cd où toutes ces qualités sont réunies.

Tout Rond, c’est l’histoire d’un petit rond tout noir qui vivait dans un pays tout gris et surtout plein de bruits. Alors Tout Rond décide de prendre la tangente et de faire le tout du monde pour voir si ailleurs c’est plus joli qu’ici.

On lui a toujours dit que la Terre était une grosse boule bleue, mais en marchant il se retrouve dans un endroit tout blanc. Blanc devant, blanc derrière, blanc dessus, blanc dessous. En plus il il y fait drôlement froid !

Tout Rond continue et soudain il ne voit plus rien: il fait tout noir. Mais peu à peu une grande boule brillante et des petits points blancs apparaissent au-dessus de lui. Quand tout ce noir disparaît, tout devient jaune et doré. Tout Rond a maintenant très chaud et une petite flaque d’eau toute bleue étanchera sa soif.

Il découvrira encore d’autres paysages, Tout Rond, et bien d’autres couleurs pour comprendre que la grande boule bleue n’est pas que bleue, et que son petit pays gris recèle une multitude de nuances.

Par le biais de cette petite histoire poétique et douce, les tout-petits pourront se familiariser avec les couleurs et toucher du doigt la grande diversité du monde qui les entoure.

Tout est calme et parfaitement rassurant dans cette histoire, pourtant au fil des pages et à l’écoute du CD l’enfant peut expérimenter de nouvelles sensations, goûter à de nouveaux mots et élargir son horizon. D’une voix claire et caressante l’histoire nous est racontée sur le CD où un soin tout particulier a été apporté à l’accompagnement musical et à la mise en scène sonore. En bonus une petite illustration sonore de chaque couleur est proposée.

Cette découverte sensorielle du monde est parfaitement rendue par le délicat travail d’illustration de Charlotte de Ligneris qui nous plonge à chaque fois dans une ambiance différente avec ses jolies couleurs texturées, ses effets de collages ou de transparences. Très très beau !

Une belle découverte à feuilleter et à écouter avec les tout-petits dès 2 ans. Et si vous ne connaissez pas le catalogue de Benjamin Média, foncez par ici ! A noter que tous leurs ouvrages sont également disponibles en livres-cd braille et gros caractères.

Véro, Librairie Sorcière La Boîte à Histoires à Marseille

Tout rond: Texte de Christos. Illustrations de Charlotte de Ligneris. Racontante: Christel Touret. Musique: heu… plein de monde. Editions Benjamin Média. Collection Taille S. 17,00 €

Le puzzle de l’amour façon Ben Kemoun


Quelques questions à Hubert Ben Kemoun à propos de À samedi!, un album grand format à la forme novatrice et atypique pour un texte destiné aux adolescents (lire la présentation de l'ouvrage en bas de page)

ANNE HELMAN: Qu’est-ce qui a vous a conduit à choisir cette forme inhabituelle pour cette tranche d’âge?
HUBERT BEN KEMOUN: Une invitation de l’illustrateur, mon camarade Zaü. Il avait lu plusieurs de mes romans pour adolescents et souhaitait se lancer dans un «projet différent», pour lui comme pour moi. Il m’a donc tendu une perche que j’ai volontiers saisie. Ça ne se refuse pas… Et puis le territoire de l’adolescence est important dans mon travail; avec ce projet nous pouvions toucher certains ados qui sont plus attirés par la BD que par le texte seul, sans pour autant oublier les autres. La forme de l’objet, c’est avant tout l’œuvre de Zaü. Quant à mon texte, conçu comme un puzzle, je l’ai découpé en scènes ou en actes, exactement de la même façon que je le fais quand j’écris pour le théâtre.
Le livre est principalement centré sur la thématique de l’Amour. Vous avez su écrire, sur un sujet éternel et universel, mais rabâché aussi, une œuvre très personnelle et exigeante. Qu’est-ce qui vous a porté? Quelles ont été vos sources d’inspiration? La dérive de nos sentiments, l’envie de plaire, la rage ou les efforts que nous mettons en branle pour arriver à être aimés sont des pépites universelles. Au bout du compte, elles sortent des contextes sociaux, culturels ou cultuels. Je continue à trouver cela absolument passionnant. J’ai dit que ce livre était conçu comme un puzzle. Je m’explique. Quatre jours: mercredi, jeudi, vendredi et samedi. Quelques couples, ados ou adultes, ont tous rendez-vous le samedi pour faire basculer leurs vies amoureuses. Certains vont se planter totalement, d’autres réussir. C’est simple, très simple, en fait, mais tellement riche. Je suis un joueur de billard. Avec une bille, on doit en toucher deux. Ça aussi c’est simple à énoncer, mais tellement complexe à réaliser. Mes personnages sont toujours, au début de mes livres, des figurants de l’existence; à la fin de l’histoire, ils vont devenir – pour certains du moins –  les personnages principaux de leur vie. Cela semble pauvre? Je ne vois rien de plus riche et de plus essentiel…
Avez-vous envie de suivre les personnages de À samedi! dans un deuxième épisode? Ou tout au moins signer un autre roman dans cette même collection?
Je serais ravi, et je crois que Zaü aussi le serait, de retrouver les personnages de ce roman graphique dans un tome deux. Mais attention, pas les personnages principaux; ceux-là ont eu leur histoire sur ces quatre jours. Non, je parle des personnages secondaires. Je les ai imaginés – les ados comme les adultes – pour qu’eux aussi aient droit à leurs parcours amoureux, avec le même concept, celui de ces quelques jours qui font tout basculer de leur vie. J’espère vraiment que l’idée de cette suite intéressera Rue du Monde qui nous a fait confiance pour concevoir ce livre. Mais cela dépend aussi de vous, les libraires, de l’accueil que vous lui avez réservé et lui réserverez sur vos tables, de celui des documentalistes dans leurs CDI, des bibliothécaires dans leurs rayonnages… Je sais ce que je dois à chacun et chacune pour la vie de nos ouvrages… En tout cas de mon côté ce sera avec plaisir!
Propos recueillis par Anne Helman, librairie Chat Perché au Puy-en-Velay


Il y a Damien et Mélodie et Jérémy, Malo et Bettina, et Myriam aussi, la mère de Mélodie, hantée par son passé.


Tout ce petit monde, adolescents et adultes aussi, se cherche et est en quête de l’Amour. Comment in-fine les couples se formeront ou se déferont-ils samedi ? Quels seront les tours et détours que les jeux de l’amour réservent à chacun? Il faut lire le texte d’Hubert Ben Kemoun pour le savoir.

L’auteur suit ses personnages sur quatre jours, au rythme de leurs espoirs et déceptions respectives. En lisant A samedi! on ne peut s’empêcher de penser à Marivaux et à Musset. Bien que le texte ne soit pas sous forme d’une pièce de théâtre, il abonde cependant en dialogues.

Les héros de Hubert Ben Kemoun, ancrés dans leur siècle, approchent la question de l’Amour avec la même gravité que Camille et Perdican l’avaient fait en leur temps. Leurs questionnements et blessures des premiers émois amoureux ne sont au final pas si éloignés que ceux de Dorante et Silvia.

L’auteur, qui pose un regard un tant soit peu désabusé mais néanmoins tendre sur le devenir de ses personnages, a la franchise de nous l’annoncer en citant Socrate en préambule au récit: «La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé.».

Et le livre se lit d’une traite. Servi par une forme osée et atypique, ce grand album de 70 pages généreusement illustré par Zaü, qui nous offre ici toute la sensualité de son art, est un beau roman grand format mis en images, dont la maquette peut rappeler certains romans-photos.

Le titre inaugure une collection pour le moins novatrice à la Rue du Monde nommée Roman-BD. J’attends avec patience le second titre de cette collection prometteuse. Vivement samedi !

Anne Helman, librairie Chat Perché au Puy en Velay
A samedi ! - Hubert Ben Kemoun, images de Zaü -  éditions Rue du Monde